Le Scribing

Définition

C’est la modélisation graphique en temps réel d’une discussion. Cette technique, aussi appelée « graphic recording » ou « discussion mapping », a pour objectif de faciliter une discussion en cours en mettant en place un système de feedback entre le groupe en discussion et le facilitateur graphique.

Le facilitateur graphique est alors appelé « scriber » ou « graphic recorder » et réalise un « scribe » [skraib] ; ces anglicismes proviennent de l’origine de cette pratique.

Une discussion est tout sauf linéaire. Les participants bondissent d’un sujet à un autre, réagissent, interpellent, reviennent sur un point précis, requestionnent, s’opposent, argumentent …
Le scribing permet de tracer une cartographie des informations composant les échanges.
Cette technique est aussi très efficace dans un contexte différent, tel qu’un discours ou une présentation « Top-down ». La capture visuelle procure à l’audience un meilleur ancrage mémoriel des messages clés. C’est aussi une synthèse riche pour les personnes qui n’ont pas assisté à la présentation.

Effets et intérêts

Voici quelques intérêts non négligeables d’utiliser le scribing :

  • l’ensemble des participants bénéficie d’une synthèse commune qu’ils voient évoluer en temps réel,
  • les participants sont engagés dans la discussion : ils peuvent observer la capture de leur contribution et comment elle s’intègre à l’ensemble de la discussion,
  • les participants qui perdent le fil de la discussion peuvent aisément le retrouver à l’aide de la capture.
  • les points clés sont plus facilement mémorisés : l’intelligence visuelle des participants est sollicitée, d’autres connexions cérébrales ont lieu.
  • les relations entre des sujets abordés en début de discussion et ceux abordés en fin de discussion sont plus faciles à identifier car les éléments restent présents physiquement.

Outre les effets qu’il produit sur les participants lors de la discussion, ce visuel permet de garder une trace tangible des éléments clés. A posteriori, cette trace est très efficace et utile pour les personnes qui ont assisté à sa construction. Elle leur permet de faire ressurgir à la fois les détails des échanges mais aussi des points émotionnels. C’est aussi un support très efficace pour leur permettre de reparcourir la discussion avec une personne qui n’y a pas assisté.

Limites

Son intérêt est relatif pour quelqu’un qui n’a pas assisté à la discussion sans l’accompagnement d’une personne présente.

Cette technique de facilitation graphique permet de cristalliser et garder une trace des échanges et d’une discussion. Sa réalisation en temps réel restreint les itérations possibles. C’est une bonne photographie d’un instant « T ». Il peut être un livrable final lorsqu’il capture le contenu d’une présentation mais plus difficilement lorsqu’il capture une discussion car bien souvent, la discussion elle-même n’est qu’une étape d’un processus plus long.

Principes de construction

Comme pour chacune des techniques de facilitation graphique, le facilitateur suit trois processus distincts : la récolte d’information, son tri et son traitement graphique. La particularité de la technique du scribing réside dans le temps réel de sa réalisation qui ne permet pas d’avoir l’ensemble des informations avant la fin de la discussion. Il est donc nécessaire de parcourir ces trois processus en continu et en requestionnant à chaque instant :
- son écoute et son attention à la discussion
- le choix des éléments retenus
- le mode de représentation de ces éléments (texte, symbole, illustration, couleur ; son emplacement, sa taille sur le visuel global ; l’impact sur le sens de l’ensemble)

La représentation est parfois proche de la carte heuristique ou « mind mapping » à ceci prêt que le résultat, plus organique, ressemble à un réseau d’informations.

Qualités mises en jeu

Le facilitateur graphique doit savoir faire preuve :
- d’une concentration profonde et une attention étendue,
- d’une grande écoute pour pouvoir entendre aussi ce qui n’est pas dit,
- d’un niveau aigüe de discernement et de synthèse,
- d’un vocabulaire graphique riche et une grammaire visuelle efficace.

Conseils pratiques de praticiens pour les praticiens

Lors de cette pratique en « live », le praticien tourne souvent le dos au groupe en discussion.
Il est alors très facile de sentir un gros stress, une grosse pression.
Essayez de trouvez un « espace mentale », une manière d’être qui vous fait sentir un avec le moment et le groupe que vous accompagnez.

Profitez un maximum des outils et supports (lien et ancrage sur page outils et supports) de travail dont vous disposez. Si vous scriber sur une surface effaçable, profitez de cet avantage précieux pour déplacer et replacer les éléments de votre capture afin de faciliter la lecture des participants en :
- gagnant de l’espace et aérant le contenu
- rapprochant deux contenus connexes,
- réécrivant plus lisiblement,
- en ajustant votre grammaire visuelle
- en précisant votre vocabulaire graphique

 

Découvrez cette technique ou développez vos compétences de praticien en participant aux formations proposées par FGcp.

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