Quelle différence entre Graphic Facilitation et Graphic Recording ?

Si il y a une chose que j’ai apprise lors de la conférence Euviz 2014 de Berlin (voir le post précédent), c’est la différence entre Graphic Recording et Graphic Facilitation.

Cette distinction et ce questionnement sont revenus plusieurs fois sur mon parcours des 4 jours de pré-conférence et de conférence. Ils ont été discutés avec des personnes d’âge, de pays, d’expériences, de parcours différents. Des éléments de réponses ont été apporté sur différents point de vu : la posture/rôle, le périmètre d’action, les synergies, les objectifs, les spécificité et points communs.

Prenons d’abord un peu de recul. En France, ces pratiques de visualisation sont formellement apparues il y a environ 15 ans avec un noyau de praticiens émergeant au sein du réseau ASE de Capgemini et utilisant une terminologie spécifique à la méthode MG Taylor. A cette époque, ces pratiques visuelles existaient depuis au moins le double de temps aux US.
Environ 7 ans plus tard, dans l’hexagone, quelques praticiens isolés ont commencés à apparaître certainement en contact avec la mouvance américaine. Il y a très peu de temps, d’autres pratiques et praticiens ont émergés, portés par l’usage des média sociaux et de technologies spécifiques.

Les origines des praticiens se diversifiant, beaucoup de vocabulaires différents sont employés. Ces vocables recouvrent parfois des pratiques similaires alors que d’autre fois, un seul terme sert à parler de différentes pratiques. Pas facile de s’en sortir dans tout ça !

Doit-on tous s’aligner sur le vocabulaire ? Pas forcement mais si je me place d’un point de vue professionnel, je trouve qu’il est important de donner quelques repères.

La plupart des praticiens que je connais en France font du Graphic Recording.
Le Graphic Recording c’est la pratique qui consiste à soutenir un processus de travail (une réunion, une discussion, une conférence, un atelier, un séminaire…) en cartographiant graphiquement les contenus échangés. Le graphic recorder qui opère en temps réel (scribing
sur le temps d’une discussion, mur de synthèse sur le temps d’un séminaire) vient soutenir et amplifier un processus qui a été conçu par quelqu’un d’autre, que ce soit le client lui même ou un facilitateur externe.

La « Graphic Facilitation » c’est l’usage de techniques visuels pour faciliter un processus de travail. Le Graphic Recording en fait partie mais la « Graphic Facilitation » est plus large. Dans ce cadre, le facilitateur graphique conçoit le processus de travail et l’anime. Il est donc facilitateur avant tout mais réalise sont travail par l’usage d’outils, d’approches et de techniques visuelles.

Même avec ces définitions, il reste encore quelques flous car ce n’est pas la même chose que de parler de pratique et de parler de rôle et praticiens. En effet, si nous parlons de pratique, nous pouvons aisément dire que le Graphic Recording (scribing, mur de synthèse) fait partie des pratiques de Facilitation Graphique. Il y a donc une relation d’inclusion.

Or, si nous prenons le prisme de lecture donné par les rôles et postures du graphic recorder et du facilitateur graphique, se sont deux périmètres d’actions et d’objectifs très distincts.

Par exemple, le facilitateur graphique peut concevoir un processus qui fasse appel ou non à la pratique du Graphic Recording. Et cette pratique peut être prise en charge par lui même, à condition que la période de Graphic Recording soit limitée comme dans le cas du scribing. Si cette période est plus longue, la double posture de graphic recorder et de facilitateur graphique devient difficilement tenable par une seule personne.

Alors que le graphic recorder va plutôt être dans un processus de convergence, de synthèse: être concentré sur la collecte d’informations, leur analyse et leur restitution visuelle (voir les processus de la FG), le facilitateur graphique va alterner en fonction de l’objectif recherché des techniques visuelles qui accompagnent l’émergence, la divergence, qui permettent d’accompagner la réflexion en profondeur ou encore qui soutiendra un processus de convergence, de sélection…

La facilitaion graphique n’est pas une méthode mais une pratique, une mise en œuvre d’outils. Cette pratique peut donc accompagner tout type de méthode de changement (quelques exemples : Appreciative Inquiry, KOTTER, 6 Thinking Hats, Scenario Planning, NLP…).

Etant originaire du réseau ASE (qui utilise principalement du Graphic Recording), j’ai appris et  grandi en distinguant les deux rôles que sont graphic recorder et facilitateur. J’ai eu la chance de pouvoir exercer dans les deux rôles distinctement. Malgré des retours clients très positifs et encouragements de mes partenaires de l’époque, je n’ai jamais eu envie d’approfondir le rôle de facilitateur pour des raisons personnelles. Cette compréhension des liens qui existent entre facilitateur graphique et graphic recorder me permettent d’envisager de joindre mes compétences de facilitation et de Graphic Recording pour embrasser pleinement la Facilitation Graphique !

 

Est ce que cette article vous aide a y voir plus clair ? Quelles nouvelles questions cela pose ?

Commentaires (2)

  • Bonjour et Merci pour cet article.
    Distinction majeure en effet, au delà des mots.
    Quand j’interviens en Mind Mapping en intra, je suis dans une posture de « donner à voir » qui s’enchaîne avec une médiation collective (cognitive, documentaire, sociale…) et fait écho à ce rôle de facilitateur au sens où je le comprends dans cet article. Aussi parce que cette pratique et l’outil Mind Mapping associé doit trouver sa place dans le Système d’Info de l’organisation. Cela réfère au processus de sélection – valorisation des idées et informations. Au plaisir de partager sur ces thèmes. Denys.

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